Fin décembre Alizé Le Maoult, est venue à Caen pour rencontrer des enseignants du CLE à Hérouville Saint-Clair et observer un très beau lieu, qui au coeur de Caen, nous permettra de présenter « Ce que leurs yeux ont vu…" l'unique exposition rendant hommage à toute une génération de journalistes de guerre. Une exposition qui a fait trembler le coordinateur de l'association, fin juin à Sarajevo. Une exposition sobre, juste et tout simplement essentielle et exceptionnelle. Voici quelques informations :

« Ce que leurs yeux ont vu… » Sarajevo m’a tant donné, c’est un juste retour… Tout a commencé en 1995 à la fin guerre, où le cinéma m’emmène à Sarajevo sur le film d’Ademir Kénovic « Le Cercle parfait ». Je prends la mesure de la guerre, de ses conséquences et je croise ceux qui témoignent des drames des habitants de cette ville multiculturelle. Le tournage du film est une expérience humaine qui marquera mon esprit et mes sens pour la vie.
Je reviens régulièrement à Sarajevo. Mais le 6 avril 2012, c’est pour commémorer le début de la guerre. Etrange anniversaire. Ils sont tous là, tous les reporters réunis au Holiday Inn vingt ans après. J’immortalise ces retrouvailles uniques, en faisant quelques portraits de photographes qui ont parcouru toutes les guerres. L’émotion est immense. Trois ans de siège, les liens sont forts...
Les images de ces photographes nous donnent à voir l’Histoire. Nous parcourons le monde à travers leurs yeux. Mais qui sont ces femmes et ces hommes qui témoignent sans relâche, souvent au péril de leur vie, pour nous informer, pour nous dire avec leurs images « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas » ?
Je suis donc allée à la rencontre de tous les photographes de toutes nationalités qui ont couvert le conflit en ex-Yougoslavie, pardon à ceux que je n’ai pas pu encore rencontrer. Quarante-six portraits réalisés entre septembre 2013 et juin 2014, dans 9 pays, 17 villes, de Barcelone à Zagreb, en passant par Sarajevo, New York et Oslo... Quelque soit le jour ou l’heure du rendez- vous, le soleil, la pluie, le vent ou la neige, un seul dispositif, mon appareil photo et un mur trouvé au hasard.
Le mur, métaphore des villes que l’on construit au fil du temps et à l’heure de la paix, et que l’on détruit au fil des guerres. Les murs protègent. Les murs abritent. Sur le terrain les photographes sont souvent « au pied du mur » ou « dos au mur ». Ici c’est devant mon objectif. Un portrait frontal sans artifice, les yeux dans les yeux.
Je dédie cette exposition à Anja Niedringhaus, qui a commencé sa carrière à Sarajevo, nous avions rendez-vous à Genève, mais elle a été tuée en Afghanistan le 4 avril 2014.
Alizé Le Maoult

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